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La fin d'un modèle économique

Où va la presse ? La question est posée, et y répondre devient urgent, pour les journalistes comme pour les entreprises de presse. Déjà bousculés par l’accès gratuit et généralisé à l’information via Internet et par l’explosion des blogs, nombre de médias écrits sont au bord du gouffre : leur lectorat s’érode, leur diffusion baisse, leurs recettes publicitaires sont en chute libre. C’est tout le modèle historique de la double vente du support d’information, au lecteur et à l’annonceur, qui est remis en cause. Il en est de même côté photo-journalisme, entre le boom de l’infotainment, la prédominance des forfaits des agences filaires et la croissance exponentielle de la production et de la diffusion de photos numériques à bas coût.


A ce jour, où que ce soit dans le monde, aucun modèle économique fiable n’est venu encore remplacer l’ancien équilibre de la presse écrite. Les grands quotidiens, hebdomadaires ou magazines n’ont pas trouvé le salut dans le fait d’offrir en ligne ce qu’ils vendent en kiosque. Quant à la virtualisation totale du support, elle engendre certes une baisse des coûts mais aussi un effondrement pur et simple des recettes publicitaires.


La porte d'entrée de la presse se résume de plus en plus à la page d’accueil de Google News. Alors, comment continuer à gagner sa vie en écrivant, en photographiant ou bien en éditant des journaux ou des magazines quand Twitter relaie une information, fiable ou non, immédiatement et dans le monde entier. Le cercle vicieux de la réduction des coûts éditoriaux conduira-t-il à l’effacement progressif du journalisme en tant que métier, en tant qu’activité rémunérée ?


L’Etat de la presse dans le monde – quelques chiffres


2008 : 100 quotidiens américains ont disparu
La diffusion de journaux aux Etats-Unis a atteint son niveau le plus bas depuis 1946.

2000- 2008, France : Baisse du CA de la presse écrite de 16%
Baisse des recettes publicitaires de 20%