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10/12/09 - STRATEGIES

L'ACP ou le journalisme en plate-forme
par Amaury de Rochegonde

 

 

Site d'intermédiation entre médias et pigistes, la nouvelle Agence centrale de presse mettra prochainement en ligne sa version bêta.

Elle porte le nom d'une enseigne concurrente de l'AFP, mais l'ACP, ou l'agence centrale de presse, a peu de choses en commun avec son ancêtre disparue dans les années 1990. Pour cette interface numérique entre journalistes et médias, qui sera lancée en janvier prochain sur Internet, il ne s'agit pas de proposer à ses clients des dépêches, mais des articles écrits par des pigistes sur toutes les thématiques. A l'origine du projet, le groupe Imacom, appartenant au financier Christian Ciganer-Albeniz, frère de Cécilia ex-Sarkozy. Après avoir racheté de nombreuses agences photo (DPPI, Alamo, Sunset et Panoramic), l'homme quitte ses activités de banquier d'affaires et se consacre à la photographie, où il réalise 10 millions d'euros de chiffre d'affaires pour quatre-vingt salariés.

 

Le journaliste au centre du système médiatique

 

Avec l'ACP, l'idée est de profiter des synergies pour entrer dans une logique de mise à disposition de textes et d'images. "Ce sera une sorte de place de marché éditoriale, souligne Judikaël Hirel, rédacteur en chef de l'ACP, une plate-forme B to B orientée vers les journalistes." L'agence espère convaincre un millier de médias de s'abonner pour 5 000 euros par an (dont 3 000 euros d'articles prépayés), même si elle envisage d'offrir trois mois d'accès gratuit, tandis que 1 500 contributeurs titulaires de la carte de presse, au maximum, sont invités à la rejoindre. Selon Judikaël Hirel, l'ACP entend ainsi remettre le journaliste au centre du système médiatique. Il s'inscrit en faux devant le reproche fait par le SNJ-CGT de contribuer à la précarisation du métier via l'externalisation des contenus. "Le coeur de métier d'un média ne s'externalise pas, estime-t-il. Alors que les équipes se réduisent dans la presse, nous apporterons des contenus de qualité, annonce-t-il. Les patrons de presse, qui ne peuvent pas augmenter leurs journalistes, auront même intérêt à les laisser écrire chez nous." Le contrôle sera assuré par un comité éditorial et un rédacteur en chef délégué par thématique. Les articles seront proposés au tarif de 150 euros hors taxe par feuillet, mais les prix varieront s'il s'agit d'un scoop. A terme, après des versions française et anglaise, l'agence a vocation à être déclinée en espagnol. Suivront aussi des modules de cofinancement de reportages et la mise aux enchères d'exclusivités.



Amaury de Rochegonde